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Qui était Marie Alexandrine Vetsera ?

Dernière mise à jour : 13 avr.



En date du 19 mars 1871 à 20 h 45 nait une petite fille aux cheveux très sombres dans un palais viennois proche du Prater.  L’enfant est baptisée huit jours plus tard dans la petite église catholique Saint-Joseph Nepomuk du nom de Marie Alexandrine, mais est très vite appelée Mary selon la mode anglaise par sa famille. Elle est le troisième enfant du baron Albin Vetsera et de son épouse Hélène, née Baltazzi, après Ladislaus, le grand frère âgé de six ans et Johanna, nommée Hanna, la sœur de trois ans. Quelques années plus tard, un deuxième garçon viendra compléter la famille.


Albin Vetsera, ancien diplomate attaché à la cour ottomane et administrateur des biens du sultan de Constantinople, occupe cette année-là un poste de diplomate à la cour de Hesse à Darmstadt. Après la signature du traité de Versailles, créant l’empire germanique, son poste est aboli ce qui le ramène définitivement à Vienne. D’une santé fragile de par ses nombreux déplacements et voyages, il prend sa retraite à l’âge de cinquante-trois ans.


Mais qui sont donc ces Vetsera-Baltazzi dont le sang coule dans les veines de la petite Mary ? Albin Vetsera est né à Bratislava en Slovaquie qui fait partie à cette époque-là du royaume de Hongrie. Hélène Vetsera, née Baltazzi, quant à elle, est la fille d’un éminent banquier de Constantinople, Théodore Baltazzi, qui a fait ses études à la banque Lafitte à Paris et de son épouse d’origine anglaise, Elisabeth Sarell. Lorsqu’Albin est muté à Constantinople en 1850, il se lie d’amitié avec Théodore Baltazzi et demande, à l’âge de trente-six ans, la main d’Hélène, alors âgée d’à peine seize ans. Les Baltazzi sont richissimes et possèdent des biens en Hongrie et en Autriche. Ils sont les parents de dix enfants, quatre garçons et six filles. Tous deviendront des personnalités très en vue de par leur vie sociale et leurs mariages. À la mort de Théodore et à la demande de son épouse, Albin devient le tuteur des enfants mineurs du couple Baltazzi-Sarell. Les enfants passent une grande partie de leur enfance en Angleterre où ils sont élevés et éduqués par la famille anglaise d’Élisabeth. La petite Mary résulte donc d’un mélange d’origines très diverses qui vont probablement fortement influencer son caractère.


Les oncles de Mary, Alexandre, Hector et Aristide sont des cavaliers hors pair et de par leur intérêt pour la course de chevaux et la chasse à courre, jouissent de l’amitié particulière de l’impératrice Élisabeth qui les invite souvent au château de Gödöllö, en Hongrie, où ils emmènent également leurs sœurs qui sont, elles aussi, très douées pour le sport équestre. Malgré leur origine aristocratique, les Baltazzi ne possèdent cependant pas les seize quartiers de noblesse nécessaires pour être reçus à la cour. Il ne s’agit là pas d’une simple étiquette, mais du système de la Hofburg. L’impératrice, détestant ce cérémonial vieux de six cents ans, s’entoure en Hongrie d’une cour très restreinte et non officielle, où les quartiers de noblesse n’ont absolument aucune importance. C’est donc là et ainsi, qu’Hélène Vetsera fait la connaissance de la jeune Marie Larisch-Wallersee, une nièce de l’impératrice et l’amitié naissante entre les deux femmes sera un tournant dans la vie de la jeune Mary.


À l’âge de 13 ans, la petite Mary est envoyée au Couvent de l’Institution pour jeunes filles de la noblesse où les sœurs lui apprennent les bonnes manières et le piano. L’enseignement se poursuit également à la maison avec l’aide d’un précepteur pour la lecture, le calcul, quelques notions de géographie et d’histoire ainsi que des cours de danse. La maîtrise de la langue française étant à cette époque indispensable dans la haute société européenne et les Vetsera ayant gardé des liens étroits avec leur famille en Angleterre, Mary est également initiée à ces deux langues qu’elle maîtrise parfaitement bien.


C’est également à cette époque que les Vetsera changent de résidence et se rapprochent du Ring en louant un petit palais au 11, Salesianergasse. La baronne y organise régulièrement des dîners et des fêtes, obligations sociales nécessaires pour accéder à un statut plus élevé dans la noblesse. Hélène Vetsera, très ambitieuse, aspire pour ses deux filles à d’excellents partis qui leur permettraient d’être acceptés à part entière par la haute noblesse.


La beauté de la jeune Mary est indéniable. Elle commence très tôt à se faire remarquer, non seulement aux nombreuses soirées données au palais Vetsera, mais également dans les lieux publics comme la patinoire où elle évolue avec grâce, aux champs de courses et au théâtre où il est important d’évoluer pour se faire voir. On vante également son charme et ses toilettes dans les magazines de mode, relevant un certain goût pour la coquetterie. Mary attire sur elle le regard des hommes et les soupirants ne lui manquent pas.


C’est ainsi que le 12 avril 1888, au champ de courses de Freudenau où elle est allée voir courir ses oncles, elle aperçoit dans la loge impériale celui qui va bouleverser sa vie à tout jamais. Le prince impérial est assis là, entouré d’amis, et lorsque son regard croise furtivement celui de Mary, le cœur de la jeune fille ne fait qu’un bond et s’enflamme aussitôt. Il lui sourit et cela la bouleverse de penser qu’il l’a remarquée au milieu de toute cette foule. Elle a à peine dix-sept ans.




 
 
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