Pourquoi écrire l'Amour ?
- Francine Schaller
- 6 avr.
- 2 min de lecture
Je suis née à Strasbourg, en Alsace, durant l’après-guerre, exactement treize ans après la signature de l’Armistice, dans une famille modeste. J’étais la dernière de quatre, une véritable surprise pour mes parents, alors que mon père entamait la cinquantaine et ma mère la quarantaine. Mes parents avaient traversé la guerre avec difficulté : mon père avait combattu pour la France, blessé à Vesoul, fait prisonnier puis soigné dans un hôpital allemand. Pendant ce temps, ma mère, ma sœur et mon frère aîné avaient été évacués dans des wagons à bestiaux durant l’été 1940 vers Mansignac, en Dordogne, dans la zone libre.
Mon adolescence s’est déroulée dans la solitude, la fratrie ayant quitté le foyer familial bien avant mes treize ans. Je garde le souvenir d’un père discret, peu bavard, dont la présence apportait une sécurité profonde. Il nous a quittés l’année de mes vingt ans, mais j’aime croire qu’il est toujours là, chaque jour de ma vie, me guidant et me soutenant dans toutes mes actions, juste en retrait, par-delà mon épaule droite.
Je me souviens de soirées mémorables où, déguisée avec un drap, j’inventais des histoires rocambolesques, chantant et dansant parfois. Très jeune, mon imagination débordait déjà, avec un thème récurrent qui allait devenir le fil conducteur de ma vie : l’amour sous toutes ses formes.
Même si je n’ai jamais douté de l’amour que me portaient mes parents, une introspection m’a permis de réaliser combien la tendresse m’a manqué durant mon enfance. Cela découle probablement de l’éducation rigide de mes parents, marquée par un début de vingtième siècle bouleversé par deux guerres. Les souvenirs de câlins ou de bisous prodigués volontairement sont rares, ce qui explique mieux aujourd’hui ma quête permanente, durant de nombreuses années, de reconnaissance et de besoin d’amour infini. Ce manque a contribué à forger la personne que je suis devenue et, grâce à ma famille, j’ai trouvé aujourd’hui un équilibre dans ma vie affective.
Voilà pourquoi l’écrivaine que je suis aujourd’hui vous offrira toujours des histoires d’amour. Elles alimentent mon imaginaire et colorient ma vie.
Ma première expérience marquante avec les histoires d'amour remonte au film de Lewis Gilbert sorti en 1971, intitulé « Deux enfants qui s'aiment », dont le titre original est « Friends ». Ce long métrage raconte l’histoire d’amour entre deux adolescents de 14 et 15 ans. À cette période, j’avais moi-même 13 ans, ce qui a renforcé l’impact émotionnel de cette histoire sur la jeune fille romantique et légèrement introvertie que j’étais alors. Ce film, qui dépeint avec délicatesse l’intensité de la passion amoureuse à l’adolescence, a été un véritable coup de
cœur et a contribué à mon attachement à la Camargue ainsi qu’à la musique d’Elton John.

Après ce moment marquant, j’ai découvert l’univers de Kathleen E. Woodiwiss, romancière américaine, grâce à son premier roman publié en 1974, Le Loup et la Colombe. L’intrigue captivante de ce livre m’a immédiatement transportée dans un monde historique fascinant. Dès lors, j’ai poursuivi la lecture de ses autres œuvres, en gardant précieusement celles qui ont le plus retenu mon attention. Les histoires imaginées par Woodiwiss ont nourri mon imaginaire et ont contribué à façonner mon désir d’écriture.



